2014 - Thème 1 : L'Habitat abordable

Thème 1 : Retour En Ville

 

Presque tous les Belges rêvent d’avoir leur propre maison et surtout, à un prix abordable. Cependant, ils se heurtent de plus en plus souvent à des obstacles qui les empêchent de réaliser ce rêve : les prix de l’immobilier augmentent inexorablement, les investissements obligatoires pour l’économie d’énergie occupent une grosse part du budget et le bonus logement est encore teinté d’une grande incertitude.

Chaque rêve immobilier commence par l’achat d’un terrain ou d’une habitation. Mais ces dernières années, les acheteurs ont dû faire une entaille de plus en plus grosse dans leur budget. Une maison, un appartement ou un terrain à bâtir coûte déjà deux fois plus cher qu’il y a dix ans. Et Il semblerait que les acheteurs ne doivent pas s’attendre à une diminution spectaculaire des prix.

Le score énergétique

Toutefois, il va de soi que le logement à prix abordable va plus loin que les prix de l'immobilier. En effet, non seulement le prix d’une maison ou d’un terrain à bâtir augmente, mais la construction ou la rénovation implique aussi de plus en plus de frais. Non pas que le prix des matériaux de construction ait augmenté, mais le gouvernement impose des normes énergétiques de plus en plus strictes aux constructeurs et aux rénovateurs.

À long terme, ces mesures sont bénéfiques pour l’environnement et la facture d’énergie. Mais elles impliquent une augmentation du coût initial d’une habitation. Selon la Confédération flamande de la Construction, le renforcement des normes énergétiques flamandes a engendré une hausse du prix de la construction d’une habitation de 8.500 euros. La Bouwunie a estimé que les constructeurs paieront 35.000 euros de plus pour une habitation moyenne en raison des obligations européennes.

Bonus logement 2.0

Dans notre pays, pour calculer le prix de son projet immobilier, on tient toujours compte de l'avantage fiscal de cet achat. En effet, en concluant un prêt hypothécaire, l’acheteur peut prétendre à un bonus logement pour les amortissements de capital, les intérêts et les primes de l’assurance de solde restant dû. Il s’agit toujours d’une compétence fédérale, mais à partir du 1er  juillet 2014, ce sont les régions qui devront s’en charger.

Le gouvernement fédéral a déjà transformé la déduction fiscale en une réduction fiscale pour laisser du temps aux régions. Cette démarche s'imposait dans la mesure où les régions ne sont pas compétentes pour toucher au revenu imposable avec des déductions propres. Elles peuvent uniquement accorder une réduction fiscale. Cette intervention ne modifie pas le bonus logement pour cette année. Les personnes qui concluent un prêt hypothécaire avant 2015 pourront obtenir une réduction fiscale au taux le plus élevé. Ce faisant, l’avantage reste similaire à la déduction fiscale. À partir de 2015, une réduction fiscale de 45% sera appliquée. Ce règlement demeure inchangé jusqu’au moment où les régions proposeront leur propre bonus logement.

Il serait préférable qu’elles n’attendent pas trop pour le faire, car l’incertitude qui entoure le bonus logement paralyse les personnes qui nourrissent des projets immobiliers. C’est ce qu’indiquent les chiffres de l’Union Professionnelle du Crédit. Celle-ci a constaté l’année dernière un recul du nombre de demandes de crédits hypothécaires pendant plusieurs mois. L’organisation a pointé le manque de clarté au sujet du bonus logement en 2014 comme étant l’une des principales causes de ce recul. L’incertitude qui règne à propos de l’avantage fiscal en 2015 pourrait avoir le même effet.

Grandeur d’échelle

Étant donné que le prix d’une habitation propre est mis sous pression sur plusieurs fronts, tant les acheteurs que les vendeurs optent de plus en plus pour une approche différente. Ainsi, les grands terrains sont de plus en plus divisés en parcelles plus petites.

De nouvelles formules visant à réduire les prix sont également testées. Les habitations kangourou en sont un exemple concret. En effet, dès que les enfants ont quitté la maison, de nombreux parents constatent que leur habitation est devenue trop grande pour deux personnes. Ceux qui n’ont pas envie de vivre sous le même toit que leurs parents peuvent encore opter pour un habitat groupé. Plusieurs familles mettent sur pied un beau projet avec des parties d’habitation séparées (living, chambre et salle de bains) et des pièces communes (cuisine, chambres d’amis, pièces de détente et jardin).

La nouvelle ville

Les habitats kangourou ou habitats groupés sont l’illustration parfaite de la manière dont la recherche de logements à prix abordable transforme le marché de l'immobilier aujourd’hui et à l'avenir. De plus, étant donné que les acheteurs privilégieront de plus en plus un logement en ville (tant les jeunes familles que les plus âgés qui troquent leur maison à la campagne contre un appartement), il sera nécessaire d'optimiser au mieux l'espace disponible. Ce n'est pas un hasard si les promoteurs immobiliers transforment d'anciens terrains industriels ou portuaires inutilisés en projets immobiliers modernes.